17 Fév, 2020

Manager en pleine maturité émotionnelle

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Ressentir, comprendre, communiquer

Reconnaître l’émotion, la repérer et la nommer constituent la base de l’intelligence émotionnelle. Cela repose sur le triptyque Ressentir / Comprendre / Communiquer. C’est ce qu’on appelle la pleine conscience émotionnelle et c’est la porte d’entrée pour une pleine maturité émotionnelle à la portée de tout manager.

Les 9 stades d’expression des émotions

La maturité émotionnelle se compose de 9 stades d’expression des émotions (parfois 7, les 3 dernières n’en constituant qu’une). Voici ce qu’il en est…

Stade 1 : l’émotion est refoulée, elle est purement et simplement niée.

Stade 2 : l’émotion est reconnue dans son fondement mais est réprimée dans son expression.

Stade 3 : l’émotion s’exprime mais est masquée sous la forme d’une autre émotion. C’est ce qu’on appelle le « racket émotionnel » et cela permet de remplacer une émotion insupportable par une émotion supportable pour soi.

Exemple : pour un homme, exprimer une colère pour cacher une tristesse ou une peur car un homme « ne pleure pas » et « doit être courageux ».

Stade 4 : l’émotion s’exprime mais de façon disproportionnée et inadéquate eu égard au contexte ou à l’environnement.

Ces 4 premiers stades sont assez représentatifs de ce que l’on peut voir et vivre dans nos sociétés compte tenu de notre système éducatif et de notre culture. La maturité émotionnelle commence à s’exprimer réellement à partir du 5ème stade.

Stade 5 : l’émotion s’exprime de façon juste en relation avec ce qui la déclenche.

Exemple : « Je me sens embêté que tu quittes le bureau chaque jour sans prendre le temps de venir me voir pour discuter de la journée. Je crois que j’en suis triste ».

Stade 6 : l’émotion s’exprime de façon juste et est assortie de l’expression d’un besoin.

Exemple : « Je me sens embêté que tu quittes le bureau chaque jour sans prendre le temps de venir me voir pour discuter de la journée. Je crois que j’en suis triste. J’ai besoin qu’on se prenne le temps ensemble pour se faire notre débrief de la journée ».

Stade 7 : l’émotion s’exprime de façon juste, est assortie de l’expression d’un besoin et formulée avec une demande.

Exemple : « Je me sens embêté que tu quittes le bureau chaque jour sans prendre le temps de venir me voir pour discuter de la journée. Je crois que j’en suis triste. J’ai besoin qu’on se prenne le temps ensemble pour se faire notre débrief de la journée. Serait-il possible pour toi d’être attentif à cela et de prendre ce temps ? »

Stade 8 : l’émotion s’exprime de façon juste, est assortie de l’expression d’un besoin et formulée avec une demande et une proposition.

Exemple : « Je me sens embêté que tu quittes le bureau chaque jour sans prendre le temps de venir me voir pour discuter de la journée. Je crois que j’en suis triste. J’ai besoin qu’on se prenne le temps ensemble pour se faire notre débrief de la journée. Serait-il possible pour toi d’être attentif à cela et de prendre ce temps ? Je te propose de te garder 10 minutes chaque jour dans ton timing pour pouvoir le réaliser. »

Stade 9 : l’émotion s’exprime de façon juste, est assortie de l’expression d’un besoin et formulée avec une demande, une proposition et un engagement personnel.

Exemple : « Je me sens embêté que tu quittes le bureau chaque jour sans prendre le temps de venir me voir pour discuter de la journée. Je crois que j’en suis triste. J’ai besoin qu’on se prenne le temps ensemble pour se faire notre débrief de la journée. Serait-il possible pour toi d’être attentif à cela et de prendre ce temps ? Je te propose de te garder 10 minutes chaque jour dans ton timing pour pouvoir le réaliser. De mon côté je m’engage à ne pas être en rendez-vous client à ce moment pour être pleinement disponible. »

Un chemin possible pour chaque manager

Ce dernier stade est atteignable. Il faut simplement une dose de savoir-faire et de courage pour ressentir l’émotion, la nommer et exprimer une demande. Si la demande est exprimée, la proposition et l’engagement seront plus faciles à atteindre. A partir de quand faut-il exprimer cette demande ? Et bien à chaque fois que vous ne vous sentirez pas respecté dans votre relation à l’autre. 

Chaque manager a les clés à sa disposition et est responsable de ses émotions et de ce qu’il fait. Néanmoins, il est vrai qu’avoir la capacité à ressentir en justesse et en cohérence l’émotion et ce qu’elle génère dans le corps n’est pas évident. L’éducation de manière générale n’a pas été facilitante en la matière. Pour autant le chemin vers l’intelligence émotionnelle se trouve par ici.

Ce chemin nécessite un travail sur soi, sur ses ressentis, sur son corps et sur l’acquisition du vocabulaire adéquat. L’accompagnement est souvent nécessaire car cela s’apprend dans la triple dimension de la tête (vocabulaire), du coeur (empathie) et du corps (ressentis). Cette pleine maturité est donc d’abord un alignement envers nous-mêmes !

Accompagner l’expression des émotions

Capable d’être connecté à ses propres émotions, et de les exprimer pleinement, le manager sera alors également en capacité d’accompagner l’expression des émotions de son collaborateur. Voici ce que cela pourrait donner…

Vous êtes face à une émotion niée et refoulée : questionnez simplement la personne sur sa situation et les émotions ressenties.

Vous êtes face à une émotion réprimée : invitez simplement la personne à nommer ce qu’elle ressent au fond d’elle-même.

Vous êtes face à une émotion détournée : invitez la personne à faire le lien entre ce qu’elle ressent et ce qui déclenche cette émotion (elle sera ainsi en contact avec une émotion plus juste pour elle).

Vous êtes face à une émotion disproportionnée : gardez tout d’abord votre calme… faites jouer votre contrôle inhibiteur, votre capacité à ressentir ce que cela génère chez vous et à revenir en pleine conscience à vous. Connectez-vous à votre respiration et invitez la personne à exprimer le besoin qu’elle n’a pas encore identifié. Souvenez-vous aussi : face à une colère exprimée il y a peut-être une peur sous-jacente.

Vous êtes face à une demande exprimée : accueillez, essayez d’y répondre au mieux en respectant vos propres besoins.

En guise de conclusion

Notre éducation et notre culture cartésienne ne nous ont pas permis d’expérimenter tous les stades de la maturité émotionnelle. C’est à nous d’y aller, de se faire former et accompagner. Avec nos forces, nos vulnérabilités, en pleine conscience et en étant indulgent et bienveillant avec nous-mêmes car tout ne viendra pas tout de suite. 

C’est à mon sens la voie unique vers une plus grande harmonie dans la communication au sein des entreprises et dans nos vies quotidiennes avec nos proches. La maturité émotionnelle est un don. Un cadeau d’amour pour soi et les autres.

 

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